BEDEILHAC

Publié le par Philippe

Patrimoine et écologie

 

 

Nos ancètres nous ont  légué des œuvres architecturales souvent construites, en ce temps là, au dépens de l’environnement : châteaux édifiés en pleine forêt que l’on avait  partiellement rasée, châteaux entourés d’eau sur des sols pas forcément adaptés, tours sur des pitons rocheux ou sommets de montagne dont toute la flore était détruite pour les besoins de la cause, afin de  laisser l’empreinte de l’homme , pour sa défense , son plaisir ou son habitat.

 

Nous récoltons aujourd’hui ce patrimoine en l’état , il s’agit de le sauver, de le conserver , de la consolider pour permettre ainsi sa sauvegarde.

 

L’homme ne se soucie des problèmes environnementaux que depuis ces dernières années, un peu tard bien sur, mais certains  d’entre nous  essayons, tout en respectant la nature, de remettre en état ce patrimoine   souvent enseveli sous une végétation que nous avons du mal à détruire, mais qu’il  faut pourtant bien nettoyer !

 

Prenons comme exemple ce que j’essaie de faire au sein de ma commune, en tant que Conseiller, et de  l’Association Patrimoine,Culture et Traditions. (APCT)

 

La tour moyennageuse de Montorgueil située sur la commune de Bédeilhac en Ariège a été construite avec cinq pans de mur très épais, sur un piton rocheux à 865 m. d’altitude, comme pour être le phare de la vallée du Saurat, visible à « mille lieux à la ronde ».Il ne reste aujourd’hui qu’une ruine avec un seul pan de mur  et un 2e pan à moitié détruit. Bien sur, il n’y a plus de toit et les roches composant la tour se sont répandues tout autour en contrebas, ensevelies sous une abondante végétation.

 

Premier problème rencontré : le chemin d’accés. Il a fallu dégager un accès à la tour en élagant cette végétation. Nous avions pris attache heureusement avec un spécialiste connaissant parfaitement les diverses essences que nous ne devions pas toucher.

 

2e problème, celui du sol que nous ne devons pas trop creuser pour des raisons de prudence archéologique.

 

3e problème, celui des roches détachées de la tour que nous avons du remonter en essayant de ne pas toucher à l’empreinte laissée au sol…et sans trop défricher.Un travail de fouilles ! prudence archéologique encore.

 

Nous allons nous contenter de sauvegarder cette ruine par une consolidation à la chaux à l’ancienne. Pour ce faire il nous faut monter une dizaine de tonnes de sable, les sacs de chaux et l’eau, l’échafaudage, la bétonnière, etc…

 

4e problème, Pour des raisons écologiques j’avais envisagé d’organiser des navettes de portage par des mulets , solution que j’ai tout de suite abandonnée car la devis était trois fois plus cher que celui de louer un petit transporteur à essence !!!

 

Il va s’en dire que notre budget est très serré, notre commune n’ayant pas les moyens de financer une telle opération. La communauté de communes du Pays de Tarascon a rejetté notre projet ainsi que l’Etat (la DRAC) ce vestige moyennageux n’étant pas dans leur compétence ! Contrairement aux colonnes de Burennes et ses 3 millions d’Euros prévus pour que les parisiens qui se régaleront de contempler chaque jour  cette oeuvre d’art !

 

La Région nous octroit tout de même 15% de notre budget et le Conseil général devrait nous allouer 45 %. Heureusement, nous avons obtenu le label de la fondation du Patrimoine qui nous permet de recevoir les dons de particuliers qui profite d’ une déduction fiscale et qui nous permet de combler les 20% restant aux quels s’ajoutent une aide de la Fondation du Crédit Agricole de l’Ariège et la vente d’aquarelles et de cartes postales, reproductions du tableau de Ryton Cazenve, ami et  célèbre peintre local.

 

 

Aujourd’hui, être écologique  dépend forcément des moyens financiers disponibles : Bédeilhac n’est ni Foix et son château , ni Paris et ses colonnes. Les subventions ne suffisent pas et nos bénévoles qui travaillent sur le terrain ne sont pas assez nombreux c’est pourquoi nous serons certainement obligés de contacter une entreprise locale ou un groupement de jeunes pendant leur vacances. Nouveau problème financier !

 

 

Pourtant soucieux de conserver notre patrimoine nous restons vigilents sur la protection de notre environnement que nous voudrions , conserver , restaurer, sauvegarder et valoriser.

 

 

 

                                                                                                                             Le Président de l’APCT

 

  Philippe Vissac

 

Publié dans Ecologie Ariège

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