Les Micro centrales en Débat ! (La Dépêche du Midi)

Publié le par GE.ARIEGE

 

Microcentrales : écologistes divisés

débat

La microcentrale de Michel Fournier possède une «passe à poissons»./ Photo DDM Florent Raoul
La microcentrale de Michel Fournier possède une «passe à poissons»./ Photo DDM Florent Raoul
 

La multiplication des microcentrales hydroélectriques fait polémique en Ariège. Les avis des écologistes divergent et certains vont jusqu'à dénoncer un impact catastrophique sur la biodiversité des rivières.

Les énergies renouvelables c'est l'avenir, c'est tendance. Tout le monde est pour le développement de ces énergies « nouvelles », « vertes » ou encore appelées « énergies douces ». Pourtant l'hydroélectricité fait aujourd'hui débat. En Ariège, si encore beaucoup d'écologistes prônent ce choix énergétique, certains condamnent la prolifération des microcentrales le long des cours d'eau du département et dénoncent des « effets dévastateurs sur l'environnement ».

PROLIFÉRATION DES MICROCENTRALES ?

La Direction départementale des territoires fait état de 350 microcentrales sur l'ensemble de l'Ariège. Avec une à deux nouvelles demandes de construction chaque année, l'administration dit « contrôler la situation. » Pourtant la Fédération de pêche de l'Ariège tire la sonnette d'alarme. Dans un communiqué, elle déclare qu'« il n'existe plus dans notre département de grande et moyenne rivière à truites qui ne soient pas impactées par des barrages et des conduites forcées ». La fédération pointe du doigt « les deux derniers torrents sauvages aux eaux libres ». La Fédération, ainsi que des associations de protection de l'environnement ont attaqué l'arrêté d'autorisation de construction. Après avoir fait appel, le jugement devrait être rendu dans les prochains mois.

Pour Henri Delrieu, membre de l'association pour la protection de l'environnement Chabot, pas question de critiquer l'hydroélectricité en elle-même, « qui est effectivement une énergie propre ». Ce militant écologiste dénonce « la multiplication des petites centrales qui courcircuitent les ruisseaux et les petites rivières ». « Une faillite biologique » qu'il démontre en dressant une liste non exhaustive d'effets « dévastateurs » : réduction de 90 % du débit de l'eau, dérivation des cours d'eau,…Les conséquences les plus graves selon lui ? « Le réchauffement de l'eau, produit par le ralentissement du débit, entraîne une perte d'oxygène détruisant l'équilibre naturel des rivières » Résultat concret : « le poisson se fait de plus en plus rare en Ariège et le pouvoir auto épurant de la faune microbienne est anéanti. » Henri Delrieu aborde également le problème esthétique : « on balafre nos rivières, tout ça pour une faible production d'énergie électrique. »

La destruction du paysage, c'est la principale inquiétude de Marjjik et Arthur qui auront peut-être bientôt une microcentrale construite devant chez eux. Arthur souligne toutefois avoir été consulté sur ce projet avec les autres habitants de la commune d'Ustou. « Après une discussion avec l'exploitant, le lieu de construction a été modifié », précise-t-il. Pour ce couple qui espère pouvoir bénéficier de cette microcentrale, « il ne faut pas s'opposer systématiquement à leur construction mais en encadrer les conditions. »


Construction comment ça marche ?

Une centrale hydroélectrique est une installation technique, composées de turbines hydrauliques, qui transforme l'énergie potentielle de l'eau en travail mécanique, qui est à son tour transformée en électricité. Leurs ancêtres sont les moulins : scieries, minoteries, papeteries, qui utilisaient la force de l'eau. Un particulier pourra faire construire une centrale hydroélectrique produisant une puissance inférieure à 4 500 kW après dépôt d'un dossier devant la préfecture. La direction départementale des territoires rendra un avis sous deux mois après la réalisation d'une enquête publique. La construction d'une microcentrale peut se faire par un particulier sur les conseils et avec l'aide de cabinets d'ingénierie spécialisé en hydroélectricité.


Le chiffre : 350

microcentrales> En Ariège. Leur construction est soumise à une autorisation préfectorale. La direction départementale des territoires fait état d' une à deux demandes de nouvelles installations chaque année.

« ERDF me rachète 8,5 centimes d'euros le kW et je couvre une dizaine de foyers. Je me rends chaque jour à la centrale pour entretenir le tronçon de rivière.»

Michel Fournier, exploitant de la microcentrale «Le moulinéry» à Foix.

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