Yves Pietrasanta au JDD

Publié le par GE.ARIEGE

"Aucun écologiste ne peut être président de la République"

Le président de Génération Ecologie, Yves Piétrasanta, représentera son parti à l’élection présidentielle de 2012. Le conseiller régional du Languedoc-Roussillon, président de cette formation depuis le 2 avril, a été désigné ce week-end à l’issue d’un congrès national organisé à Marseille. Pour leJDD.fr, il explique sa démarche.

Pour quelles raisons vous vous présentez à l’élection présidentielle 2012?
Je suis président d’un parti qui a été très important, plus important même que les Verts. Les choses ont ensuite évolué et un mouvement de revitalisation du parti a été lancé lorsque j’ai été élu à sa tête. Les bureaux du parti estimaient "normal" de présenter un candidat pour 2012 et ils ont ainsi souhaité que je sois leur candidat.

Quelles sont les différences dans votre vision de l’écologie politique avec Europe Ecologie - les Verts?
Je connais très bien le monde écologiste car je le côtoie depuis 1981. Comme j’étais favorable à l’union des écologistes, je suis arrivé chez les Verts avec mon propre parti, le Parti écologiste. En 1999, j’ai été élu député européen sur la liste de Daniel Cohn-Bendit. J’ai effectué dix ans avec ce parti et je suis reparti sur le terrain, dans le Languedoc-Roussillon. Je pense que c’est comme cela, en mobilisant directement les citoyens, que nous sauverons la planète. Mais chez les Verts, ce n’était qu’une lutte d’égos. En 2009, avec le nouveau rassemblement d’Europe Ecologie, je savais qu’il ne pouvait pas y avoir d’entente. Ils font de l’écologie politicienne. Je ne connais personne parmi eux qui aient travaillé directement sur le terrain. Bien sûr, j’attends toujours de voir qui sera leur candidat en 2012 pour pouvoir mieux me prononcer. Mais, pour nous, notre projet est clair.

«Ma ligne politique est ouverte, sauf en ce qui concerne la droite.»

Mais fermez-vous définitivement la porte à EELV?
Si je me lance, c’est dans l’intention d’aller jusqu’au bout. Mais je ne suis pas non plus un ayatollah qui ne veut rien savoir. Lorsque j’ai été élu président il y a deux mois, j’aurais souri si on m’avait annoncé qu’il fallait me présenter en 2012. Le parti m’a démontré le contraire. Cela ne ferme pas pour autant la porte à quoi que ce soit. Vous savez, aucun écologiste ne peut être président de la République. Je ne me présente pas pour être président. Je peux seulement me présenter en disant "je suis là pour représenter l’écologie". Et si certains souhaitent s’entendre avec nous, que nous travaillons ensemble et que cela nous paraissent pertinent, je dis alors "on verra". Ma ligne politique est ouverte, sauf en ce qui concerne la droite.

Vous n’avez pas été sensible à l’appel au rassemblement de Jean-Louis Borloo, co-fondateur de Génération Ecologie?
Pour être sincère, nous avons eu des contacts et Borloo veut qu’on aille faire les écologistes chez eux. Mais nous ne pouvons pas prendre une décision comme celle-ci pour la simple raison que nous ne savons pas quelle est la stratégie politique de son mouvement. Par exemple, pour qui appellera-t-il à voter au second tour? Je prône avant tout l’indépendance de l’écologie. Tant que les jeux ne sont pas clairs, nous ne nous prononçons pas. Bien sûr, je sais que mon manque de visibilité est un obstacle. Il y a un gros travail à faire en un an.

En 2007, France Gamerre, candidate pour Génération Ecologie, n’avait pas eu les 500 signatures d’élus. Vous ne craignez pas que cela puisse se reproduire?
Il n’en manquait que 83! Et France Gamerre n’avait pas les connaissances que j’ai dans les milieux écologistes. Rien que dans ma région, je peux avoir 200 signatures. C’est un bon départ et je connais beaucoup d’autres élus en France, donc cela ne m’inquiète pas. La probabilité pour que je sois présent au premier tour est de 80%.

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